Moi, l’interdite. Ananda Devi

Dès les premières lignes j’ai su que ce livre me plairait. J’ai su qu’il remuerait en moi des émotions et me bercerai par sa prose.

« Cette histoire couleur d’eau croupie n’a peut-être aucune réalité. Laissez-la s’écouler à travers la bonde de l’oubli. N’essayer pas de la saisir. Elle parle de rêves déchus, et aurait un bruit de déchirure si l’on pouvait entre le bruit secret des cœurs. »

Le lecteur ainsi averti sait qu’il va pénétrer un monde plein de mystère. Et en effet essayer d’appréhender l’histoire de façon rationnelle est impossible. Le rêve s’il est emprunt de réalité n’est jamais totalement palpable. Il nous possède en tissant un des fils de brume qui flatte notre inconscient et nous dépossède quand il se dissipe en ne nous laissant que des bribes de souvenir.

Il est question d’amour dans ce récit. Mais aussi de rejet et d’abandon. D’une fille repoussée à cause de son infirmité, elle est née avec un bec de lièvre, mais qui persiste à aimer la vie même si cette dernière le lui rend mal. Insultée, battue puis laissée pour compte par sa famille. Celle qui est reléguée au rang des animaux garde pourtant en elle une grande humanité.

Troublant et bouleversant.

La fin ressemble au commencement. Un cycle tragique qui se répète. Une odeur de mort. Comme si la malediction devait se transmettre et se répéter. Se propager autour d’elle.

Il y a de la poésie dans la résignation de l’héroïne. De la beauté dans son malheur, de la lumière dans son agonie. Lente et précieuse.

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