Mon coup de cœur 2016

couao_zottiOn aime tous dévorer un bon livre qui nous tient en haleine et nous garde concentré et captif de son intrigue pleine de suspense quelques minutes voire quelques heures.

Je ne saurai dire exactement quel genre littéraire me plait le plus. J’apprécie autant de lire un livre plein de raison écrit par Khalil Gibran ou Krishnamurti que de tourner les pages d’un roman d’Émile Zola ou de Katherine Pancol.

Je suis une lectrice compulsive et tout ouvrage qui passe à proximité de mes mains, que dis-je, qui tombe sous mon regard coure le risque d’être capturé, emporté dans ma tanière et consommé précipitamment sans autre forme de procès.

Je lis toutes sortes d’auteurs, même si, ces dernières années j’ai axé mes choix de lectures sur la découverte d’auteurs africains.

Et l’auteur africain qui a marqué mon année 2016 a été Florent Couao-Zotti.

J’ai découvert cet auteur en novembre  2014 à l’occasion des PADA (Palabres Autour Des Arts) organisés par Joss DJOZEN. Pour ceux qui ne connaissent pas ces rencontres littéraires parisiennes, je vous invite vivement à y participer car c’est l’occasion de découvrir des auteurs talentueux mais aussi de les rencontrer et de parler de littérature avec des personnes brillantes, ouvertes et passionnées.  

A cette occasion, il était venu  parler de « la traque de la musaraigne » son dernier polar. Je ne me souvenais plus de la dernière fois que j’avais lu un roman policier.

Le dernier roman à suspense que j’avais rangé sur mon étagère devait être « la dame n°13 » de José Carlos Somoza et m’avait laissée le souffle court et chamboulée comme à chaque fois que je termine un de ses ouvrages.

Cependant, dans sa manière d’aborder les personnages, de tourner autour de l’intrigue sans trop en dire, j’ai eu envie de lire. Je reconnais que j’ai surtout été intriguée par le fait que ce soit un auteur africain qui écrit des polars et dont l’action trépidante au demeurant se passe sous les tropiques.

Comme beaucoup de mes congénères, j’ai une frêle admiration pour les policiers. De nombreux représentants de l’ordre font certainement très bien leur travail, mais il faut avouer que j’ai hélas plus souvent croisé ceux qui étaient corrompus. Les hommes intègres se font discrets mais parfois il arrive d’en apercevoir.

Le_cantique_des_cannibalesQuoi qu’il en soit, « le cantique des cannibales » m’a époustouflée. Je le dis en toute honnêteté et comme cela vient !    

Le cantique des cannibales retrace une partie du destin de Gloh, chef intrépide d’une bande de brigands qui sévissent dans la ville de Cotonou afin de rééquilibrer la répartition des richesses. Gloh est une sorte de Robin des bois au féminin qui ne s’abaisse à commettre des forfaits qu’au nom de la justice sociale et afin de porter secours aux plus pauvres. Si une partie de la population lui est favorable, elle est tout de même recherchée par la police car elle est dangereuse et n’hésite pas à abattre quiconque se dresse sur son chemin. 

J’ai aimé les courses-poursuites incessantes entre les bons et les gentils. Gloh cette femme intrépide qui n’hésite pas à risquer sa vie pour défendre un idéal et bousculer une politique capitaliste dont souffrent les pauvres constituant la majorité de la population.

L’écriture de Couao-Zotti interpelle parce qu’elle est vraie. Il pointe du doigt la corruption et nous décrit ses conséquences et ses dérives. On ne peut achever un de ces livres sans se poser des questions.

Objectivement GLOH illustre le mal, c’est une criminelle multi récidiviste qui nargue le chef d’État béninois en accomplissant des forfaits de plus en plus médiatisés. Mais ce sont ses intentions qui font qu’il est impossible de la considérer comme un monstre et que le lecteur se prend malgré lui d’une certaine sympathie à son égard.

Avec cet auteur, on revient sur nos certitudes, on les soupèse. Si comme moi vous aimez les livres qui donnent du fil à retordre et qui vous font sortir de votre zone de confort, vous savez ce qu’il vous reste à lire.

Sur fond de toile, la question de la politique africaine qu’il aborde sans langue de bois. L’obsession de certains dirigeants de rester au pouvoir, les petits arrangements faits entre partis politiques…tout y est.

l-homme-dit-fou-et-la-mauvaise-foi-des-hommes-9782842613075_0Dans « l’homme dit fou, et la mauvaise foi des hommes », il évoque avec brio des thèmes subversifs et évoque sous ses mots nos mœurs, nos vies et surtout les croyances qu’on n’ose pas souvent avouer.

Cet auteur est vrai et c’est ce qui me plaît chez lui. En plus de cela la richesse de son vocabulaire et la beauté de sa plume sont un vrai régal. Il est doté des qualités qui font à mon sens un grand auteur.

 

 

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