Vaudace, Leila Marmelade

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Si j’aime le contact des pages d’un livre, les tourner, marquer les coins pour retenir un passage ou encore souligner de longs paragraphes ou de petites phrases qui me séduisent, j’ai suivi le conseil de la blogueuse et écrivaine ivoirienne Grâce Milinbé et ai acheté en ligne la version numérique de Vaudace. 

C’est le premier tome d’un livre écrit par une auteure gabonaise et malgré quelques a priori dû à la couverture et à la typographie qui m’ont causé quelques appréhensions, j’ai apprécié la lecture de ce livre. 

Eloïse Valentine est une business woman accomplie. Petite fille gâtée, elle est née avec une cuillère en or dans la bouche et travaille dan la société immobilière de son père, un riche homme d’affaires réputé dans tout le Gabon.

Sure d’elle, elle assiste son père avec compétences lorsque son monde vole en éclat. En effet, alors qu’il compte prendre sa retraite, contrairement à ce qu’elle a toujours cru, ce ne sera pas elle qui prendra la relève.

Malgré toutes ses plaintes, seul un homme dirigera cette société. Son père a en effet une conception patriarcale et plutôt misogyne de la vie et bien qu’Eloise se soit sacrifiée pour la société familiale et pense mériter d’être à la tête de l’entreprise, son père refuse catégoriquement qu’elle la dirige.

A 32 ans, son père souhaiterait qu’elle ait d’autres projets. Il aimerait la voir se ranger et se marie afin de fonder une famille au lieu de mener une vie dissolue et d’enchaîner les conquêtes.

Deux visions s’affrontent. Celle d’une femme émancipée éprise de liberté qui refuse de se soumettre à des codes misogynes et celle d’un père qui ne voit l’épanouissement de sa fille qu’au sein d’une vie familiale à laquelle elle se consacrerait.

Du jour au lendemain Eloise démissionne. Sans aucune certitude, elle se jette à corps perdu dans une formation de styliste avec en tête l’envie de se consacrer à cette passion que sa défunte mère lui a transmise et qu’elle avait laissée de côté.

Inscrite à ses cours, Eloïse revoie un homme élégant et énigmatique au magnétisme puissant à qui elle avait fait visiter un appartement alors qu’elle travaillait encore pour son père.

Monsieur Mugusi est un styliste talentueux qui a quitté le Nigeria pour revenir s’installer au Gabon. Charismatique, il l’impressionne d’emblée par le jeu de séduction qu’il entame et dans lequel elle perd pied. Sa personnalité sulfureuse et dominatrice trouve enfin quelqu’un à sa hauteur. Une personne qui la pousse dans ses retranchements et lui donne la force de se dépasser.

Eloïse poursuit sa nouvelle ambition tout en essayant de percer le mystère qui plane autour de Mugusi. De nombreuses zones d’ombre planent autour de lui. D’autant que personne ne sait pourquoi un homme brillant à mis un terme à une carrière internationale pour donner des cours dans une petite école de couture locale. Alors qu’ils partagent une complicité et une intimité croissante galvanisée par une libération totale, la confiance qui se noue entre eux est ébranlée quand Eloïse retrouve dans les affaires de son amant la photo de sa mère.

Mugusi se terre dans un silence qui la glace tandis qu’il refuse de répondre à ses questions. Son retour au pays semble être lié à la mort de sa mère…

Ce premier tome est bien écrit. La trame tient en haleine, les rebondissements s’enchaînent sans jamais perdre le lecteur. Je fuis les romans qui parlent d’amour, je n’aime pas les histoires à l’eau de rose. Je craignais de tomber sur un roman au ton mièvre, truffé de clichés. Le genre d’histoire calquée sur la vie de l’auteur ou de ses copines et qui présente souvent un air de déjà vu. A mi-chemin entrer le journal intime et la rubrique rose d’un magazine féminin. Fade et sans apport.

Mais au contraire Vaudace est un roman passionnant dans lequel le suspens captive, les scénarios épicés exaltes et surtout l’ambition sans failles de l’héroïne entraîne. Les situations sont réalistes et toute femme peut se reconnaître dans le caractère volontaire d’Eloise.

De petites coquilles, mais en dehors de cela ce livre est très bien écrit. Il répond à tout ce que j’attends d’un livre écrit par un auteur étranger qui place le contexte de son histoire dans une capitale africaine. J’ai voyagé et j’ai eu un aperçu de Libreville la capitale Gabonaise. Les références culturelles se retrouvent nombreuses et donnent à cette fiction une dimension réaliste. De même les personnages sont dotés d’une forte personnalité ce qui rend l’histoire dynamique. Enfin, le style de l’auteur est simple et agréable.

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