Palabres Autours Des Arts : femmes rebelles, femmes libres ?

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          En tant que fan de littérature francophone, mais aussi en tant que femme  curieuse de connaitre les différents portraits dressés par des auteurs Africains de la femme Africaine, je me suis rendue à une rencontre organisée par l’association Palabres Autour Des Arts sur le thème : « femmes rebelles, femmes libres ? »

          La première partie a été l’occasion pour les chroniqueurs de présenter cinq ouvrages rédigés par des auteurs aux origines et aux styles différents. Et c’est bien là ce que je recherchais: la possibilité de comparer des visions qui se distinguent de par l’influence culturelle mais aussi grâce au cheminement personnel de chacun. 

-> « Moi Tituba, sorcière noire de Salem » de Maryse Condé est une histoire qui présente une héroïne au parcours sombre.Issue d’un viol: sa mère Abena est agressée sexuellement à bord du vaisseau négrier sur lequel elle voyage en tant qu’esclave, Tituba naît à la Barbade. Elle se retrouve orpheline suite à l’exécution de sa mère qui est condamnée à mort par pendaison puis est recueillie Man Yaya, une sorcière qui l’initie au surnaturel. Après avoir épousé John Indien, ils emménagent à Salem où se tient le fameux procès des sorcières de Salem. L’histoire prend un tournant surprenant quand Tituba est arrêtée et condamnée à une peine de prison où elle semble être oubliée…Le roman de Maryse Condé s’inspire des procès verbaux qui ont été rédigés à l’occasion du procès des sorcières de Salem ce qui donne une touche historique au roman. Mais aussi, elle permet de connaitre les conditions de vie des esclaves à la fin du 17e siècle, et plus particulièrement des femmes Noires. 

-> « La voyeuse interdite » de Nina Bouraouï est un roman qui se passe à une époque plus récente (1970) et nous décrit le quotidien de Fikria, jeune femme musulmane cloîtrée chez elle, en plein Alger. Révoltée, elle raconte sa condition de femme condamnée à la captivité depuis qu’elle est pubère et dont seul le mariage pourra la délivrer. Elle dénonce le poids d’une tradition qui accable les femmes, rejette le modèle d’épouse résignée et soumise que lui renvoie sa mère et condamne l’attitude abusive de son père.  Elle dénonce une culture qui ne lui sied pas, qui l’étouffe, elle qui a soif de liberté.  Je considère que c’est un regard intéressant qui présente un aspect de la vie de certaines femmes en Algérie et amène inévitablement à se demander si cette tradition liberticide persiste et quelle est le quotidien des jeune femmes Algériennes de nos jours. 

-> « Mes hommes à moi » de Ken Bugul est un texte autobiographique dans lequel l’auteur sénégalaise raconte ses rapports avec les hommes. L’écriture de Ken Bugul est libérée et c’est sans tabous qu’elle effectue une rétrospective de sa vie. C’est une introspection au cours de laquelle elle parle de son expérience avec le sexe opposé et se penche aussi sur le parcours des femmes. Un point de vue très intéressant donc, de par sa franchise et sa sincérité. 

-> » Nahariat » de Adjmaël Halidi  est un bref recueil de nouvelles aux accents poétiques où se mêlent portraits de femmes et courts récits qui se tiennent aux Comores. Rien d’édifiant qui mettrait la lumière sur le style de vie de la femme comorienne mais un bel ouvrage simple et bien écrit.

->« Superman est Arabe » de Joumana Haddad, écrivain libanaise, est un roman engagé qui dénonce un système patriarcal, aux conséquences désastreuses pour la femme, qui trouve sa source dans la religion.  L’auteur met en avant le fait qu’au cours de sa vie, que ce soit dans le domaine personnel ou professionnel, la femme est confrontée à un environnement machiste  qui est hostile à son émancipation. Elle offre une compilation de situation observées et condamne les rapports dominant-dominé que l’on retrouve souvent entre hommes et femmes.  Un roman qui milite pour une femme plus libre, consciente de ses désirs et qui peut les vivre pleinement sans obstacles. 

          Une sélection de romans que j’ai appréciée tant parce qu’elle m’a permis d’infiltrer le quotidien de milliers de femmes, mais aussi car j’ai découvert des auteurs qui osent parler à cœur ouvert de la complexité qui jaillit du fait d’être une femme. Être une femme libre est un chemin de croix pour beaucoup car elles sont sujettes à des traditions qui les oppressent et les oppriment, mais dénoncer ces situations est encore la meilleure façon de s’en affranchir. 

                 La seconde partie a été l’occasion de rencontrer l’auteur béninois Florent  Couao-Zotti qui nous a parlé de son dernier polar : « La traque de la musaraigne« . Un livre que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire mas dont je vous donne le résumé avant de vous confier mes impressions. 

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« Quand Stéphane Néguirec, jeune Breton un brin rêveur, poète à ses heures, amoureux du large et des horizons lointains, débarque à Cotonou, au Bénin, il ne sait pas encore que question dépaysement, il va être servi ! Aux paysages enchanteurs qui l’électrisent, s’ajoutent les charmes des filles aux courbes délicieuses et notamment, ceux de la mystérieuse Déborah Palmer qui lui propose très vite un mariage blanc contre une fortune en billets verts. À l’autre bout de la ville, Jésus Light, un voyou ghanéen, traque sans relâche sa femme, Pamela, partie précipitamment avec le butin de son dernier casse… En temps normal, leurs chemins n’auraient jamais dû se croiser… Mais c’était sans compter sur cette bande de ravisseurs islamistes venus du Nigéria voisin à la recherche d’otages européens…« 

            Un roman que j’ai hâte de lire et qui promet d’être plein de rebondissements. Le personnage de Déborah Palmer décrit par l’auteur comme une femme manipulatrice et mystérieuse qui se promène avec sous le bras un tigre en peluche, promet d’être un personnage haut en couleur. Et c’est ainsi que l’auteur nous confie qu’il met toujours un point d’honneur à doter les caractères féminins de ses ouvrages de personnalités fortes et captivantes. Tandis que souvent dans les polars, les femmes héritent des rangs secondaires, dans ses ouvrages, elles sont au premier plan. Un auteur dont l’univers m’intrigue et que je me languis de lire. 

           La dernière partie : piment dans bouche s’est intéressée à la liberté de la femme en Afrique. Et force de constater qu’en Afrique, beaucoup de femmes subissent encore le poids des traditions et sont dans l’incapacité de faire des choix qui leurs sont propres.  Mais aussi, beaucoup ne voit leur accomplissement personnel que dans un mariage, comme si elles n’étaient pas capable de se réaliser seules, comme si seul le statut d’épouse avait le pouvoir d’en faire des Femmes. Pour autant, ce n’est pas le cas de toutes les femmes et l’émergence de nouveaux leaders féminins permet de montrer que la femme africaine se prend de plus en plus en main et s’impose dans une société qui lui reconnait davantage de place dans les cercles de décisions.

Et c’est en s’inspirant de l’Histoire que la femme africaine réussira à s’imposer car elle est depuis la nuit des temps dotée d’une personnalité forte qui s’est hélas au fil du temps amoindrie. Il manque à l’Afrique une mémoire, afin que ses filles s’inspirent du matriarcat qui plaçait la femme au cœur de la société et ne la reléguait pas à des tâches subalternes .

Il faut que les souvenirs resurgissent afin que les femmes se souviennent des citées Haoussa qui étaient tenues par des femmes. Il faut qu’on sorte de l’oubli les modèles féminins afin que toutes les femmes sachent qu’elles ont le droit de faire leurs propres choix,  d’être ambitieuses et de s’imposer dans une société qui n’est pas dévolue aux hommes. 

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