Joumana Haddad, I killed Sheherazade

[sans concession ]

Quand j’ai vu le titre de ce livre « I Killed Scheherazade: Confessions of an Angry Arab Woman » j’ai tout de suite su qu’il allait m’offrir une immersion dans un monde qu’il me tardait de découvrir. Après avoir lu un recueil de poèmes magnifiques et assez personnels écrits par une auteure d’Arabie Saoudite, j’avais envie de savoir ce que d’autres femmes Arabes ont envie de dire, comment elles se révèlent et changer de regard.

Avec ce livre, j’ai découvert Joumana Haddad, auteure et journaliste libanaise qui a lancé le premier magazine érotique du monde arabo-musulman « Jasad » et ne cesse de questionner la place des femmes dans ce même monde. Ce livre parle d’une femme arabe en colère, mais je me suis sentie concernée par une multitude de points qu’elle soulève et qui causent sa colère. En tant que femme, en tant que mère, en tant que personne qui, souvent, se sent entravée dans son humanité en raison de son sexe et de son genre.

Joumana Haddad fait voler en éclat l’image idéalisée de la femme arabe symbolisée par Sheherazade, la fille du grand vizir, chaste et obéissante, qui doit veiller à sauver sa tête pour épargner celle de ses semblables dans les contes de Mille et une nuits. Si le personnage de Sheherazade est perçu comme subversif par certains ou trop soumis pour d’autres, l’auteure tord le cou à ce mythe en s’éloignant d’une image biaisée, exotique et pleine de stéréotypes que l’on véhicule de la femme Arabe.

Joumana Haddad est une femme libre [dans un autre contexte j’aurai ajouté et de bonnes mœurs] qui prône la liberté sous tous aspects. Que l’on soit une femme qui porte le voile, que l’on aime mettre des mini-jupes ou multiplier les conquêtes amoureuses. Elle souligne qu’il y a de part le monde arabe des femmes qui osent et revendique leur rejet de la société patriarcale. Qui, comme elle, se dévoilent par l’écriture et parlent de sexualité en publiant des poèmes érotiques sans aucun tabou. Des femmes qui assument tout simplement qui elles sont et disent au monde entier que personne ne leur dictera leur conduite.

J’ai aimé cet essai parce qu’il parle à toutes les femmes d’où qu’elles viennent, mais aussi parce qu’il se base sur la vie et l’expérience de l’auteure et est sans compromis. La liberté ne peut de toute façon qu’être entière, à partir du moment où elle subit une entrave nous ne sommes plus libres. Au delà de la perception occidentale souvent véhiculée de la femme Arabe, effacée sous un voile, victime, soumise, une autre réalité existe.

Comme le dit Joumana Haddad dans sa préface : « Oui, une « autre » femme arabe existe. Elle doit être remarquée. Elle mérite d’être reconnue. Et je suis là pour raconter son histoire : parmi celle de beaucoup d’autres, la mienne. »


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