Le projet M, un projet citoyen

Pour que la prison soit une chrysalide de laquelle sorte des femmes qui ont payé leur dette à la société et puisse s’y réintégrer pleinement, il faut comprendre la spécificité de la femme détenue.

La prison exacerbe les fantasmes les plus fous, à la faveur de séries télévisées ou de documentaires « chocs » en donnant une image qui ne résume pas à elle seule la réalité de la vie carcérale.

Sous nos tropiques, l’univers carcéral est  un monde encore plus méconnu. Et trop peu d’organismes évoquent les conditions de vie des détenus.

Pour  bon nombre de citoyens, les détenues ne méritent pas qu’on gaspille à leur profit l’argent des contribuables ni que l’on oeuvre à l’amélioration de leurs conditions de détention.

Pourtant, tout détenu à droit à vivre dans des conditions décentes et à droit pendant qu’il purge sa peine à vivre dans la dignité.

Une fois la peine purgée, ces femmes doivent réintégrer le tissus social et prendre une impulsion pour un nouveau départ… A condition qu’il y ait une place dans nos sociétés pour les ex-détenues.

La détention des femmes est une réalité méconnue, souvent tue. Les détenues vivent dans des conditions difficiles où la surpopulation y est aussi fréquente.

Éloignées de leur foyer, il faut souligner la souffrance quotidienne que représente la séparation d’avec leurs enfants. La rupture avec la famille n’est pas le lot de toutes.

Si l’isolement pour certaines femmes détenues est intense, d’autres continuent à s’occuper de leurs familles et se débrouillent comme elles peuvent pour continuer à assumer les charges quotidiennes (paiement de la scolarité des enfants, nourriture, habillement…).

Très peu de femmes détenues continuent à avoir des contacts avec leur conjoint après l’incarcération, surtout après quelques années ; de fait, elles reçoivent peu de de visites et peu d’argent.

Cette situation a des conséquences sur la vie en détention, mais aussi sur les possibilités de réinsertion à la sortie.

Sortir de prison est la préoccupation principale de nombreuses détenues. Mais c’est le moment où va se poser une question essentielle qui a été mise entre parenthèses pendant l’incarcération : les relations avec la famille, et en particulier avec les enfants et le retour dans la vie sociale. Une femme qui va supporter, pendant qu’elle est emprisonnée, l’éloignement de son enfant, va avoir du mal à accepter qu’après sa libération, celui-ci refuse de la voir.

La préparation à la sortie et à la réinsertion, indispensable, n’en est que plus incontournable pour ces femmes. Ceci passe aussi par la préservation maximale des liens familiaux pendant la détention.

En rentrant en prison, outre la liberté, les femmes ont le sentiment de perdre leur identité et leur intimité.

Comment, dans ces conditions, conserver la conscience et l’estime de soi ?

Organiser des ateliers qui utilisent comme prétexte la littérature permet de rassembler ces femmes, de leur offrir un espace de dialogue et de partage. Parler, écouter, raconter, se raconter mais surtout avoir une réflexion. 

Les femmes africaines jouent un rôle moteur dans l’économie et dans l’éducation des enfants. Souligner et mettre en avant des portraits de femmes ambitieuses et accomplies ne peut qu’être bénéfique et permet à ces femmes de reprendre confiance en elles, de croire en elles et d’avoir envie de se réinsérer dans la société dès leur sortie.


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