Safora, Anzata Ouattara

L’orage d’hier, m’a fait penser à l’histoire de Safora, héroïne du roman éponyme de Anzata Ouattara. J’avais hâte de lire son roman car jusqu’ici je n’avais eu entre les mains que ses recueils de nouvelles inspirées si je ne me trompe pas d’histoires vraies et troublantes. 

Le roman commence sous une pluie battante. C’est la saison des pluies et les vendeuses à la sauvette sont contraintes d’arrêter leur activité pour s’abriter sous un porche. Safora et ses amies, Sanatha et Aliman, deux anciennes prostituées repenties, vendent des parapluies aux automobilistes pour survivre. Elles vendent d’ailleurs divers objets selon les saisons afin de payer le loyer d’un bouge insalubre dans lequel elles vivent. La vie n’est pas clémente avec elles. Issues d’un milieu extrêmement pauvre, illettrées, elles se débrouillent et vivent au jour le jour sans pouvoir espérer un avenir meilleur. 

Ce quotidien morose est pourtant bousculé le jour où Safora rencontre Sidy Koné un riche homme d’affaires qui tombe amoureux d’elle et décide de l’épouser malgré la désapprobation de sa mère. En effet, cette dernière voit d’un très mauvais oeil la relation de son fils avec une indigente dont on ne connait pas les origines.

Sidy Koné prends son temps pour séduire cette jeune-femme qu’il finira par demander en mariage. Tandis que son niveau de vie s’améliore significativement, Safora n’oublie pas pour autant ses amies qu’elle met dans un confort tout en insistant afin qu’elles soient autonomes financièrement. Malheureusement, Safora reste sous la dépendance financière de son époux qui prend bien soin d’elle et s’y complait.

Safora savoure ces jours fastes et prend goût aux mondanités. Elle n’hésite pas à offrir de fortes sommes aux griottes qui chante ses louanges pendant les cérémonies, a donner de l’argent à Saolio, le petit frère de son époux, a assister les femmes de l’association dont elle prend la tête. Si Safora le fait avec bon coeur, sa gentillesse finira par lui causer des torts car bon nombre de personnes bénéficiant de ses largesses ne lui souhaitent que du mal.

La mort tragique de son époux sonnera le début de ses déboires. Safora, mère de quatre enfants sera dépouillée de tout par sa belle-famille. Et c’est cette partie du livre qui m’a le plus intéressée. C’est à cet instant que l’auteure sort des sentiers battus, son livre est écrit d’une prose assez simple mais le fait d’aborder un sujet qui est rarement traité relance l’intérêt du lecteur.

Safora portée aux nues par son époux redescend au bas de l’échelle à sa mort. Elle n’a pas de métier, aucuns biens propres, que de maigres économies qu’elle donnera pour organiser les obsèques de son époux. Ses amies s’éclipsent progressivement et elle se retrouve seule tandis que son beau-frère lui confisque tous les biens de son époux. Mariée religieusement, elle fera en vain appel aux imams pour faire valoir ses droits sur la succession de son époux.

Retour à la case départ. Pour gagner sa vie, Safora va se remettre à vendre des fruits et légumes sur un étal. Femme humble, elle accusera le coup sans protester. Safora n’est pas une femme de feu, elle est résignée. Elle donne davantage l’impression de subir sa vie que de la vivre pleinement. Ses alliés d’antan deviendront ses ennemis et elle ne devra son salut qu’à une tante faisant brusquement irruption dans sa vie huit après le décès de Sidy.

J’ai apprécié ce livre même si je pense qu’il aurait gagné a abordé davantage les problèmes auxquels est confrontée Safora pendant son veuvage. En effet, cette situation est vécue par de nombreuses femmes qui se retrouvent démunies du jour au lendemain sans aucun recours apparent. Une lecture simple donc mais agréable tout de même. 

 

 

 

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