Annette D’Erneville

J’ai attendu dix ans avant d’avoir enfin l’occasion d’aller à Dakar avec maman. Pour une semaine, un court séjour donc mais riche en émotion car nous souhaitions d’une part revisiter les endroits qui avaient su nous émerveiller et d’autre part embrasser la famille.

Dakar recèle des endroits enchanteurs. Si j’ai été stupéfaite par les amoncellements d’immondices pavant les rues dans certains quartiers, j’ai été ravie ailleurs. L’art se côtoie partout à Dakar et j’en ai eu plein les yeux, même si je regrette de ne pas avoir pu visiter la galerie Wakhart d’Akya Sy. Une prochaine fois, sûrement car je ne manquerai pas de revenir ici.  

Il y a une femme que j’avais hâte de rencontrer. La cousine de mon grand-père, une femme extraordinaire sur laquelle ma grand-mère ne tarissait pas d’éloges car elles étaient proches et qui m’a t-on rappelé toute ma jeunesse aime la littérature et l’art comme moi.

Avec l’âge j’ai découvert que tante Annette était en fait Annette D’Erneville et…mon admiration s’est décuplée. A dépassé cette sympathie naturelle que j’avais développée envers cette femme dont on parlait souvent à table en ressassant les anecdotes et les souvenirs. Mon grand-père était un grand nostalgique et un très bon conteur, j’ai vécu à travers ses récits les plus grands moments de sa vie.  

C’est lors d’une conférence que j’ai connu davantage cette femme dont le parcours est impressionnant. Journaliste, elle a lancé en 1957 un magazine s’adressant aux femmes africaines intitulé « Femmes de soleil », ensuite rebaptisé Awa.

C’est une figure de la littérature francophone d’Afrique noire et a écrit plusieurs recueils de poèmes. Poèmes africains en 1965, Kaddu en 1966 ou encore Chansons à Laïty en 1976.

Le cinéaste Ousmane M’baye lui a consacré le film « Mère-BI » sorti en 2008.

Les plus fortes déceptions que je rencontre se présentent lorsque je cherche un livre et que j’apprends que non seulement il n’est plus édité mais qu’en plus j’ai du mal à le trouver d’occasion sur la toile.

 

(ceci peut être considéré comme un s.o.s, si jamais un lecteur du blog sait où je peux trouver un livre d’Annette D’Erneville).  

 

 

Que dire…lorsqu’on se trouve devant une telle figure on se sent tout petit. Cette femme enseignante puis journaliste a été directrice des programmes de radio Sénégal, mais surtout, elle a été directrice du Musée de la femme Henriette Bathily à Gorée. C’est une mère accomplie et on sent l’intensité de tout l’amour et la reconnaissance que lui porte sa fille quand elle la regarde.  Sa fille est d’ailleurs impliquée dans la gestion de ce musée qui est désormais localisé place du souvenir Africain.  

Annette D’Erneville à cette simplicité, cette douceur et cette bienveillance que je retrouve chez bon nombre de personnes brillantes. Humble, souriante et heureuse, elle a, elle aussi une très bonne mémoire. J’ai été flattée qu’elle s’intéresse à ce que j’écris. D’un naturel timide je ne lui avais pas apporté d’exemplaire de Latitudes féminines. Il faut que j’apprenne à être moins timorée. Une promesse étant une dette, je lui en apporterai un la prochaine fois.  

Ce voyage à Dakar est plein d’émotion. Maminette a 91 ans et est une femme épanouie. C’est le genre de rencontre qui m’inspire. Qui me motive et me donne envie de travailler encore plus afin de réaliser ce qui me tient à coeur.  Le temps passe vite et nul ne sait combien de temps lui ai donné. Travaillons d’arrache-pied à nous réaliser dans le respect et l’amour des autres. 

 

 

 

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2 réflexions sur “Annette D’Erneville

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