La petite fille du réverbère, Calixthe Beyala

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          Tapoussière a onze ans. Petite fille négligée et insolente, elle grandit dans un quartier pauvre du Cameroun : Kassalafam. Elevée par sa grand-mère qu’elle aide en vendant des bâtons de manioc à la sortie des cours, Tapoussière rêve de retrouver son père. Elle a fait depuis longtemps le deuil de l’absence de sa mère, la belle Andela, qui l’a abandonnée à sa naissance, après l’avoir conçu au cours d’une de ses multiples liaisons. D’ailleurs, sa grand-mère l’encourage à ne pas se soucier des absents, mieux vaut se consoler de la présence de ceux qui sont près de nous. Et cela est préférable car, elle a de grands projets pour sa petite-fille, notamment celui de lui léguer son royaume auquel elle souhaite que Tapoussière rende toute sa splendeur. En attendant, elle lui transmet tout son savoir. Des connaissances qui ne figurent certes pas dans les livres dans lesquels Tapoussière aime se plonger, mais qui sont indispensables de posséder.

          Tapoussière est amoureuse de son maitre d’école et c’est pour cette raison qu’elle révise tous les soirs ses leçons en bas du réverbère qui éclaire ses cahiers d’une lueur blafarde. Le bruit de la machine à coudre du couturier du quartier, le « couturier-tailleur de chez Dior et Yves-sans-Laurent » lui tient compagnie, tandis que l’agitation de la ville s’amenuise. Elle prépare avec acharnement le concours pour obtenir le certificat d’études primaires convaincue que décrocher ce diplôme changera sa vie. Et c’est le cas, le jour où les résultats sont proclamés, tout le quartier, prostituées et soiffards y compris se précipitent autour d’elle pour la féliciter.  Alos tous les hommes viennent lui avouer leur paternité à son égard au cas ou, sait-on jamais qu’elle devienne un jour « quelqu’un ».

          Dans ce roman coloré où humour et simplicité bercent le lecteur, on retrouve la solidarité qui est si propre à l’Afrique. On y rencontre aussi un quartier où tout le monde se côtoie et où chacun mène son existence comme bon lui semble sans jamais être jugé ou acculé. Les vies se frôlent sans déteindre sur les autres et chacune suit son cours. On ressent beaucoup d’émotion aussi, lorsque Andela finit enfin par réapparaitre sans guerre prêter d’attention à un enfant qu’elle a pourtant porté en son sein, et préférant ceux qu’elle a eu par la suite. La solitude de Tapoussière est palpable, de même que le malaise qui l’étreint alors que sa grand-mère trop heureuse de retrouver sa fille s’éloigne d’elle.

          C’est un roman troublant. Peut-être m’a t-il troublée du fait qu’il est autobiographique… Ou peut-être est-ce la manière dont l’histoire est narrée qui amène à se mettre souvent à la place du personnage principal : Tapoussière.

 

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