À la découverte des pionniers de la littérature ivoirienne

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S’intéresser à notre littérature nationale c’est s’intéresser aux nombreuses facettes de notre société, c’est chercher à connaître son évolution. S’intéresser à l’histoire littéraire ivoirienne, et notamment à ses pionniers c’est découvrir comment est née cette discipline qui porte haut notre identité, notre culture mais aussi les luttes qu’elle a menées pour défendre notre émancipation.

La littérature ivoirienne écrite est née à l’époque de la colonisation. Les premiers écrivains ont été formés à L’École Supérieur de Bingerville, un système éducatif mis en place par les colons. Intellectuels éclairés œuvrant pour la liberté de leur peuple, ces auteurs ont su déjouer le piège de l’aliénation pour s’enrichir des enseignements donnés, sans oublier le milieu traditionnel duquel ils étaient issus. Et c’est forts de cela qu’ils ont pu offrir à leurs compatriotes de plus hautes aspirations que celles que le système colonisateur, réducteur pour la population locale, leur faisait miroiter.

Tout commence par le théâtre. La littérature ivoirienne est à l’origine orale. Et c’est sans doute parce que la pratique orale fait partie de la vie quotidienne en Afrique, que le théâtre a été la première forme de littérature en Côte d’Ivoire.

Bernard Dadié, Coffi Gadeau et Joseph Amon D’Aby, figurent parmi les plus grands noms de la littérature ivoirienne et pour cause : ils sont considérés comme les pères fondateurs du théâtre indigène et populaire. Aké Loba est aussi un auteur à ajouter à cette liste car il marquera aussi les premiers temps de la littérature nationale.
Le théâtre en Côte d’Ivoire n’est pas né à Bingerville. Il y a de cela déjà quelques années que des étudiants en vacances viennent du Ghana se produire sur les planches à Grand-Bassam. Ce théâtre qui reprend des scènes de la vie quotidienne rencontre un grand succès auprès du public qui est ravie qu’ils s’expriment en appolonien.

Le théâtre qui se joue à Bingerville est lui en français. Et l’on considère Bernard B. Dadié comme étant le précurseur en la matière car il est le seul à écrire intégralement ses pièces tandis que les autres improvisent pour la majorité les pièces qu’ils jouent. Sa première œuvre produite s’intitule ainsi « les villes », en 1934.

Ces auteurs font dans leurs pièces une critique de la société dans laquelle ils évoluent et de la tradition afin de faire évoluer les mentalités. Ils souhaiteraient dire ouvertement ce qu’ils pensent du système colonial qu’ils contestent et rejettent en bloc, écrire des textes plus engagés, mais ils n’osent s’insurger encore. La censure est une menace qui pèse lourd. Ainsi, la pièce de Coffi Gadeau intitulée « Les recrutés de Monsieur Maurice » et traitant des travaux forcés fut purement et simplement interdite.

Dans les années 40, d’autres genres littéraires font leur apparition et Bernard B. Dadié est encore une fois un précurseur. En 1942, il innove avec le conte moderne, puis avec la poésie en 1945 et enfin avec la nouvelle en 1948 dans le numéro 4 de la revue Présence africaine. Dès 1950, Bernard Dadié écrit le recueil de poèmes « Afrique debout » pour éveiller ses frères. C’est un début qui s’intensifie dans les années 60 car à partir de là, l’activité littéraire va devenir en Côte d’Ivoire plus revendicatrice et va lutter pour l’émancipation du peuple ivoirien mais aussi Noir en général.

Les ouvrages fleurissent et des auteurs tels que Michel Miézan Bognini, Kumasi Brou et Jean Dodo, publient des ouvrages qui ont en commun le fait qu’ils rendent hommage à l’Afrique, une Afrique brimée par la colonisation et qui a soif de liberté.

En 1956 Bernard Dadié écrit « Climbié » qui pour lui l’occasion de pointer du doigt les méfaits de la société coloniale, de dénoncer la répression politique. Dans « Un nègre à Paris » (1959) mais aussi dans « Patron de New York » (1963), Bernard Dadié aborde la question de l’occident tel qu’il apparaît aux africains et montre sous un autre jour l’eldorado que de nombreux africains rêvent de conquérir.

Aké Loba n’est pas en reste. Il fait aussi figure de pionnier en ce qui concerne la création romanesque, et écrit Kocumbo, l’étudiant qui paraît en 1960. S’inspirant de sa propre vie, il raconte la vie des élèves ivoiriens au temps de la colonisation.
Ce sont des auteurs donc, dont le travail a posé les bases de notre littérature actuelle, mais aussi dont les écrits sont une mémoire qui témoigne de la société ivoirienne vivant sous la colonisation. Un pan de notre histoire, donc, que je vous ai proposé de découvrir tout au long de cette rencontre.

Bibliographie:

-DADIE Binlin Bernard: Les villes, Climbié , Patron de New York, Un nègre à Paris,  Monsieur Thôgô Gnini, Béatrice du Congo, Le pagne noir…

-AMON d’Aby François Joseph : Des origines au théâtre de Bingerville,  Joseph vendu par ses frères, Kwao Adjoba

-Coffi Gadeau: Les recrutés de Monsieur Maurice, Nos femmes, Mon mari

-Aké Loba: Kocoumbo l’étudiant noir, les fils de Kouretcha

 

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