Le chercheur d’Afriques – Henri Lopes

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La chaleur du verbe et des rythmes Noirs, voilà ce que l’on retrouve dans cette oeuvre d’Henri Lopes qui se passe entre le Congo et la France au gré des souvenirs d’enfance d’Okana, le narrateur et personnage principal du roman. Le lecteur découvre la vie trépidante des personnages qui, venus faire leurs études dans les années 50 en France, y sont à la suite de cela restés. Des personnages jeunes et dynamiques qui à défaut de bénéficier des caresses du soleil africain qui leur manque, se rappellent la joie de vivre de leur continent en agrémentant leur quotidien de jazz et de rumba.

Vouragan, le cousin d’Okana met d’ailleurs un point d’honneur à toujours être à la pointe de la mode, que cela s’exprime dans ses choix musicaux ou vestimentaires. Drapé dans de sublimes costumes Blima, tailleur en vogue chez l’élite africaine à l’époque, il essaie tant bien que mal d’initier Okana à l’élégance Africaine. Une élégance coûteuse qu’il se permet d’entretenir grâce aux largesses que sa « marraine », Mme de Vannessieux lui consent.

Des personnages hauts en couleur qui se sont intégrés en France en conservant et surtout en revendiquant leur négritude qu’ils partagent avec leurs rencontres; se faisant fort d’apprendre à ceux qui l’ignorent la richesse du patrimoine culturel congolais et la beauté du lingala qui n’est pas une succession d’onomatopées mais bien une Langue.
Le métissage est au cœur de l’ouvrage. Que les personnages soient blancs, métisses ou noirs, ils partagent pour la plupart un intérêt pour l’Afrique et ne se laissent pas assombrir par un racisme qui ressurgit parfois et n’entache en rien leurs valeurs.

Métisse aux yeux verts, Okana n’a pas rejoint son cousin dans la ville de Nantes uniquement pour se distraire. Il poursuit une quête qui le hante depuis longtemps : retrouver son père César Leclerc, ancien médecin militaire au Congo, qui les a abandonnés, lui et sa mère pour rejoindre son autre famille restée en France une fois que sa mission fut terminée. De lui, il n’a que quelques bribes de souvenirs et des carnets de voyages relatant ses impressions sur le Congo, que le docteur à publié une fois revenu dans l’Hexagone.

S’il a envie de rencontrer cet homme dont il possède les traits et l’iris colorée, tantôt, il est étreint par une appréhension qui, à maintes reprises le retient d’appeler son cabinet médical afin de prendre un rendez-vous, tantôt est il est livré à l’espièglerie du sort qui fait que ses appels restent sans réponses. Et pourtant, il souhaiterait tant honorer sa promesse faite à Ngalaha, sa mère.

Alors qu’il a enfin obtenu rendez-vous, le temps presse car Okana doit bientôt rentrer à Paris où il est enseignant et quitter les rues animées de Nantes, envahies par les festivités du carnaval. Il se laisse griser par la joie environnante et c’est en se laissant séduire par une belle inconnue qui porte un loup qu’il commettra l’irréparable.
De cet acte amoureux mais aussi de la rencontre avec son père, qui pourrait lui permettre de se construire une identité, Okana sera troublé à tout jamais.

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