Tarek est issu d’une bonne famille, reconnue au Caire. Il a suivi les traces de son père sur le plan professionnel. Médecin brillant, il reprend les patients de son père et ouvre un dispensaire secondaire dans le Moqattam, un quartier défavorisé situé au sud du Caire. Il vit dans un cocon, entouré de son épouse Mira, de sa femme, de sa sœur et de sa mère, une femme de caractère qui veille sur la famille depuis le décès du père.
Mais dans cette Égypte des années 80, où tout semble paisible pour lui tandis que la situation politique est en ébullition, quelque chose vient perturber son quotidien. Ou plutôt quelqu’un. Et cela va le transformer à jamais, ébranlant ses convictions. Curiosité, obsession ou amour ? Je me suis posée la question avant d’obtenir une réponse claire : il s’agit bel et bien d’amour. Un amour beau, touchant, émouvant dans ses certitudes comme dans ses doutes.
Cette histoire d’amour interdite va le marquer à vie et lui faire oublier (ce que j’ai profondément regretté tout au long du livre) ses obligations. Pour autant, le livre m’a tenue en haleine, portée par la volonté de découvrir l’identité de ce narrateur mystérieux qui racontait l’histoire avec tant de précision, connaissant tout ce qui était si cher et intime à Tarek. En découvrant qui il était, j’ai été bouleversée, et pourtant, cela semblait finalement évident. La construction du livre participe au mystère, la narration est sublime, la fin bouleversante. J’avais peur de rester sur ma faim, et j’ai été comblée.
Il me reste encore quelques questions en tête, alors je sais que je lirai à nouveau dans quelques temps. Et je sais également que j’aurai plaisir à le faire.